Wollongong
La COP30 bat son plein, et malheureusement comme à l’accoutumée, elle ne devrait pas être à la hauteur des enjeux, même si elle a toutefois le mérite d’exister et de braquer pendant quelques semaines les projecteurs sur les immenses défis climatiques qui attendent nos sociétés dopées aux énergies fossiles. L’humanité ne sait globalement pas y faire avec la nature. Enfin, dans son arrogance, elle pense savoir y faire, mais non. L’Australie a par exemple été un excellent laboratoire de la bêtise humaine depuis deux siècles.
Prenons l’exemple le plus connu. Avec les premiers colons, vinrent les premiers lapins, nettement plus pratiques à trimballer que des vaches… Et puis ça se reproduit vite ces bestioles, c’est bien là l’objectif ! Pendant près d’un siècle, aucun problème, les lagomorphes ne quittent pas leurs cages, si ce n’est pour la casserole. Mais en 1859, un fermier du nom de Thomas Austin, nostalgique de ses terres natales d’Angleterre, se dit qu’en relâchant deux douzaines de lapins, il pourrait se remettre à la chasse et guérir un peu son mal du pays. De toute façon, quel mal pourraient bien faire quelques minuscules bestioles à tout un continent ? Or faute de suffisamment de lapins sauvages sous le coude, il libéra aussi quelques lapins domestiques. Les deux vont alors rapidement s’hybrider pour former une super espèce résistante, qui s’épanouira dans la douceur de l’Australie Méridionale. Une décennie plus tard, les lapins se comptent par dizaines de millions. Avec quelles conséquences ? Elles sont encore mal connues, mais ils sont suspectés d’être le tout premier facteur de disparition d’espèces natives, végétales et animales. Car les lapins mangent tout. Détruisent tout. Et sont même responsables de graves problèmes d’érosion (faute de plantes pour stabiliser les sols). Des millions de Gengis Khan en puissance.
Bien sûr on ne pouvait en rester là, on est des Humains bon sang, on ne va pas se laisser emm***er par du ragoût sur pattes ! Alors on va construire des barrières. Disperser du poison. Relâcher des renards. Introduire la myxomatose (ça a été relativement efficace, jusqu’à ce qu’ils deviennent résistants à cette maladie). On teste désormais de nouveaux virus, avec plus ou moins de bonheur. En tout cas les lapins sont toujours là. Les espèces natives en revanche, de moins en moins.
Et si cette « boulette » reste la plus emblématique, il y en a eu d’autres. Vous saviez que le centre du continent grouillait de dromadaires sauvages ? Ou que le crapaud-buffle proliférait désormais dans tout le nord-est tropical ? Ils ne sont bien sûr pas arrivés là tout seul… Depuis le débarquement des premiers colons il y a bientôt 250 ans, on estime que l’homme est responsable de la disparition d’une trentaine d’espèces de mammifères, d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux, et de quelques grenouilles pour faire bonne mesure. Pas mal nan ? C’est le plus rapide et le plus important génocide inter-espèces de l’histoire de l’humanité. Et ça continue.
Un espoir pour le futur ? Moyen. Les choses évoluent lentement. Sans doute trop. Des mesures fortes ont été prises pour contrôler l’arrivée de potentielles nouvelles espèces invasives. Mais le mal est déjà fait. La population est aujourd’hui sensibilisée aux enjeux climatiques et écologiques. Mais les intérêts économiques de la nation continuent de primer : l’extraction de charbon bat son plein, et la déforestation a le vent en poupe. Or paradoxalement, le continent est en première ligne pour se manger les effets du dérèglement climatique, avec d’ores-et-déjà une recrudescence des méga-feux de bush.
Allez, une bonne nouvelle peut-être pour finir ? Ah bah nan, j’ai pas ça en stock. Si sur de nombreux sujets sociétaux, l’Australie fait figure de très bon élève, pour tout ce qui touche à l’écologie, c’est bonnet d’âne. Vraiment triste.














Même pas une petite photo de lapin ??? C’est mignon un petit lapin.
Eh bien figure toi que je n’en ai même pas croisé ! Encore un complot écologiste, me demande bien où ils sont ces soi-disant « millions de lapins destructeurs » !
Oh la belle dinde !
Par pour Noël, celle-là !
Oh j’imagine qu’on a dû essayer de les manger, si elles n’ont pas été rayées de la carte c’est qu’elles ne doivent pas avoir bon goût ! :p