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Métaphysique du voyageur

Varna

Légère frustration : je devais aller faire un tour aujourd’hui au superbe musée archéologique de Varna, qui contient notamment les fameux objets en or uniques au monde datant de près de 7 000 ans, réalisés par la civilisation avancée qui vivait ici au Chalcolithique, cf. le cours d’hier. Mouais, sauf qu’on est lundi, en octobre. Et le musée est fermé le lundi à partir du mois d’octobre. Bon. Ma faute. Ce n’est pas la première fois que je trouve porte close, mais c’est généralement en connaissance de cause. Là, je tombe un peu de haut. Eh bien tant pis, je reviendrai. Ou pas. Après tout, ce ne sont que des vieux bijoux dans une vitrine.

L’occasion de m’interroger à nouveau sur le sens de ces vadrouilles. Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à quitter le confort d’un doux foyer, un travail enrichissant, une situation financière plutôt confortable, pour se jeter à corps perdu dans l’inconnu, en quête d’un hypothétique… quoi, apaisement ? bonheur ? sens à la vie ? Notre décadente société occidentale est-elle si futile qu’il nous faille la rejeter, tout en sachant pertinemment que c’est grâce à ses largesses que l’on peut se permettre ces errances ? Ou encore n’est-ce finalement que l’expression d’un gêne « nomade » hérité de nos lointains ancêtres qui nous fait délibérément rejeter toute forme de sédentarité ?

Eh bien après plusieurs années à arpenter le monde, je ne crois toujours pas avoir de réponse à l’une de ces questions. Mais je sais qu’un musée de plus ou de moins, ça ne changera pas fondamentalement la donne. Car comme tout bambin frustré, j’ai vite retrouvé le sourire en partant à la découverte de la ville. Tentant en vain d’adopter l’un des milliers de chats errants (après bon nombre d’essais infructueux, j’ai réussi à câliner un gros roux soyeux, sans doute persuadé que je cachais de la nourriture dans mon sac). Riant des ruses des goélands madrés prêts à tout pour chiper quelques victuailles. Observant la rangée de vieux pêcheurs sur le port, devisant gaiement, et sortant à l’occasion un petit poisson argenté. Contemplant quelques œuvres d’artistes locaux, seul dans une vaste galerie municipale, pour un temps loin de toute vaine agitation. Me plongeant dans une Antiquité fantasmée en longeant les ruines de gigantesques thermes romains. Appréciant le temps qui passe, assis au bord de la plage, bercé par le chant des vagues.

Et c’est peut-être finalement ça mon moteur, une collection de simples instantanés fugaces, loin de toute contrariété (si ce n’est très provisoire), de toute responsabilité (si ce n’est celle de vous écrire), de toute nécessité (si ce n’est manger et dormir). Prendre le temps de respirer. Le luxe, le vrai.

5 Comments

  1. p'pa

    Jamais de réponse à ces questions « métaphysiques ». Ou plutôt : toutes les réponses sont valables et se cumulent.

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