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Leçon du jour VI

Balchik → Varna – 40 km

Poursuivons notre découverte de la mystérieuse Bulgarie.

La moitié de la taille et un tiers de la population du voisin roumain. La comparaison est-elle justifiée ? Les deux pays n’ont finalement pas grand-chose en commun, si ce n’est de partager plus de 600 km de frontière, principalement le long du Danube, à chacun sa rive. Malgré une taille réduite, le pays est plutôt varié géographiquement, avec du nord au sud : le plateau moesique, une zone fertile de collines (je viens d’y passer) ; le Grand Balkan, une belle petite chaîne de montagne ; puis la plaine de Thrace, encore de la colline cultivable ; et enfin une deuxième grosse zone montagneuse à la frontière grecque, avec plusieurs massifs qui grimpent presque à 3000 m : Rilu, Pirin et Rhodopes (c’est la région la plus stylée du pays, pour une prochaine fois). Un pays en mille-feuille donc. Enfin en quatre feuilles pour être précis. Et je retrouve finalement les Balkans, après les avoir copieusement arpentés en 2019 (voir Chroniques Européennes bien sûr).

L’histoire de la Bulgarie ne date pas d’hier. En 4600 avant notre ère, se développe autour de Varna (ma position actuelle) une étonnante culture extrêmement avancée sur le travail de l’orfèvrerie, qui ridiculise les Égyptiens ou les Mésopotamiens. Ce sont ensuite les mythiques Thraces qui débarquent dans la région, farouches cavaliers, prodigieux orfèvres (décidément), et balèzes en construction de tombeaux. Ils connaîtront leur apogée au IVème siècle avant JC, avant d’être soumis par les Macédoniens. Puis par les Romains. Puis par les Byzantins.

Débutent alors les grandes migrations à partir du Vème siècle de notre ère, notamment des Proto-Slaves (qui, nombreux, imposeront leur langue) et des Proto-Bulgares (qui, bien armés, imposeront leur domination). Ces derniers vont même constituer un premier empire, mais beaucoup plus au nord, en Crimée et autour de la mer d’Azov, vers 650 (ils finiront par se faire dégager par les Tatars). Puis Asparoukh, un fils du premier khan, part tenter sa chance plus à l’ouest, et fonde un second royaume en 681, globalement centré sur l’actuelle Bulgarie. Concentrons-nous plutôt sur cette région. À noter que l’Histoire étant malheureusement souvent soumise à de fortes pressions politiques, plusieurs visions s’affrontent concernant l’arrivée des premiers Bulgares, notamment une mouvance nationaliste protochroniste qui cherche à démontrer que ceux-ci forment un peuple biblique « élu » venu assoir son autorité sur une bande de païens incultes. La vision classique étant que les Bulgares sont juste venus rajouter une surcouche militaire sur une population éduquée fortement hellénisée ou latinisée.

Quoi qu’il en soit, la première Bulgarie est née, et se porte plutôt bien. Elle va se convertir progressivement au christianisme (orthodoxe), puis à l’alphabet cyrillique (simple adaptation de l’alphabet grec à la langue slave, eeeh ouais). Et dominer toute l’Europe du sud. Mais les Byzantins ne l’entendent pas de cette oreille, et réussiront, à force de faste et de débauche, à affaiblir suffisamment les dirigeants bulgares pour reprendre la main (vers l’an 1000), malin. Petite anecdote : Basile II, dit le Bulgaroctone (tueur de Bulgares, ça claque), empereur byzantin victorieux, va crever les yeux de 14 000 soldats prisonniers, à l’exception d’un sur 100, uniquement éborgné pour pouvoir conduire ses compagnons. Un petit rigolo le Basile.

Avançons un peu. Un second Empire Bulgare s’émancipera des Byzantins en 1186, et durera environ 200 ans. C’est la belle époque, avec même un esprit Renaissance bien avant l’Italie. Et puis les Ottomans arrivent, imposant leur joug, qui durera la bagatelle de 500 ans, aïe.

Oh mais la cloche sonne, l’heure est passée vite ! Bon eh bien on finira plus tard les enfants, il nous reste plein de choses passionnantes à évoquer ! Je t’ai entendu souffler Théo !

2 Comments

  1. P'pa

    Pour répondre à la question : je dirais Basile II pour cet immeuble borgne ? Avec une invention précoce du béton ? Quand à la route du littoral et la nature qui reprend ses droits, ça fait toujours plaisir.

    • Vadrouilleur

      Hé hé non pas Basile II a priori, même si l’argument tient la route, on est plutôt sur du bon vieux chef-d’œuvre communiste ! 🙂 Eh oui ça fait effectivement plaisir de voir la nature remporter la partie, même si pour le coup ça m’a obligé à prendre de la nationale en hauteur plutôt que de longer la mer…

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