Alba Iulia → Sibiu – 70 km
Un homme souhaitait ardemment être riche, et il priait pour cela quotidiennement le Seigneur. Incroyable mais vrai, un jour que le Seigneur était de bonne humeur, il rendit l’homme riche. Bon mais maintenant l’homme veut devenir immortel, car à quoi bon être riche si l’on doit perdre ses richesses un jour !
Il se met alors à chercher un pays où les gens ne meurent pas, qu’il finit par trouver. « Mais, demande-t-il à un habitant, comment se fait-il que vous ne soyez pas plus nombreux si vous ne mourrez pas ? » « Oh eh bien de temps à autre, nous entendons une voix dans notre tête, qui semble nous dire de la suivre, et si on obéit on disparaît pour toujours. Alors je vous dis ça mais perso je n’ai jamais entendu la voix évidemment… » Bien se dit l’homme, facile, il suffit donc de ne pas suivre la voix si jamais elle me parle !
L’homme s’installe dans ce pays de cocagne, avec femme, enfants, et bien sûr ses richesses. Tous y coulent des années heureuses. Mais un jour qu’ils sont à table, la femme se lève et s’écrie « J’arrive, j’arrive ! » L’homme veut la retenir, il tente de la résonner, de lui bloquer le passage, mais tandis qu’il l’attrape par le manteau, la femme s’en défait, et file. L’homme ne la reverra plus.
À nouveau les années passent, dans la joie et la félicité. Mais un jour que l’homme est en train de se faire raser chez le barbier, il s’écrie soudain « Non, je ne viendrai pas ! » L’homme semble se débattre avec une voix intérieure, devant une assistance médusée. « Non j’ai dit ! Je vais t’apprendre à laisser les gens tranquilles ! » Il s’empare alors du rasoir, et s’enfuit en courant dans la rue. Le barbier est bien embêté, il y tenait à ce rasoir, alors il décide de suivre l’homme. Tous deux courent un petit moment, l’homme agitant le rasoir et vociférant des imprécations. Puis il tombe soudain dans un précipice, et disparaît.
Le barbier est bien dég pour son instrument de travail, mais quand même content d’avoir vu où disparaissaient les gens qui entendaient la voix. Alors il retourne à la ville, rameute du monde, et c’est toute une procession qui part en direction du précipice. Sauf que lorsque la foule arrive à l’endroit où le barbier assure avoir vu l’homme disparaître, il n’y a rien d’autre qu’une vaste plaine, qui semble avoir toujours été là. Évidemment le barbier se fait copieusement moquer… Et dès lors, les habitants du pays sont devenus mortels, comme tout un chacun (ça a dû leur faire tout drôle au début…).
Conte roumain traditionnel, mis à l’écrit au XIXème par Petre Ispirescu.
Merci pour le conte !
Mais avec plaisir, un répertoire toujours plus international !