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L’incontournable Empire du Milieu

Chongqing

Il y a encore quelques années, la Chine ne figurait définitivement pas dans ma liste de pays à visiter à tout prix. À l’inverse des États-Unis par exemple. Et puis… et puis les choses évoluent. Parfois les démocraties se transforment en repoussoirs absolus. Tandis que les dictatures s’ouvrent progressivement au reste du monde, faisant de gros efforts pour améliorer l’image de leur pays. Il convient alors de cesser de s’arc-bouter sur ses principes, et d’aller se rendre compte par soi-même. Surtout après avoir croisé de nombreux voyageurs, Chinois ou Occidentaux, qui n’ont eu de cesse de me répéter « Va faire un tour en Chine ! » C’est désormais chose faite.

Eh bien croyez-le ou non, après un mois passé à arpenter une infime partie de cet immense territoire, je quitte le pays avec regrets, me promettant d’y revenir un jour (oui certes, je dis ça souvent, mais tout de même…). Car il n’y a finalement pas grand-chose que je n’ai pas apprécié ici. Je peux même en dresser la liste. D’abord, la sur-fréquentation de certains lieux touristiques : ils ont beau être vastes, il faut parfois jouer des coudes. D’ailleurs, il ne faut pas hésiter pas à y aller franco, car vous serez de toute façon vous-même bousculés par de rugueux Chinois. Sauf à être un enfant ou un vieux, véritables totems d’immunité. Ensuite, une « disneyification » parfois un peu trop marquée : tout site touristique qui se respecte se doit d’être couvert de néons multicolores, de mettre en évidence quelques mascottes géantes en plastique, et bien sûr de proposer au visiteur des dizaines de boutiques de souvenirs et de restaurants standardisés (tomber sur un McDo au milieu d’un parc national est toujours un grand moment de joie). Je précise que cette critique n’engage que moi, les touristes chinois (de très loin les plus nombreux) semblent y trouver leur compte. Enfin, et c’est somme toute plus un regret qu’autre chose, la nourriture est tellement variée et « étrange » qu’il est non seulement impossible de tout goûter, mais surtout, à moins de prendre le risque de sortir de table le ventre vide, on a souvent tendance à rester sur des valeurs sûres (et qui ne heurtent pas trop notre sensibilité). Je n’ai ainsi pas testé les nombreuses possibilités de tripes, les pattes de poulet, l’escargot de rivière, le crapaud, la salamandre, la tortue, plus tout un tas d’autres choses à l’aspect peu ragoûtant. Je suis donc peut-être passé à côté d’un délice absolu…

Mais évoquons plutôt maintenant pourquoi je retournerai un jour en Chine. Déjà, le pays est immensément vaste, et j’ai parfois eu l’impression qu’une vie ne suffirait pas à en faire le tour, entre sites culturels légendaires, villes ultra-modernes et incroyables sites naturels. Un mois, ce n’est clairement pas assez ! Ensuite, il est étonnamment facile d’y voyager en tant que vadrouilleur solitaire : paiements ultra-simples et sécurisés via Alipay ou WeChat (tout premier pays où je ne suis jamais passé par un ATM, presque dommage de ne pas pouvoir garder l’habituelle petite monnaie en fin de séjour pour la collection) ; transports extrêmement efficaces, à base de TGV pour les longues distances (départs et arrivées parfaitement à l’heure, toujours surprenant pour un Français) et de Didi / métro pour les courtes ; si la plupart des indications sont en mandarin, il traîne toujours quelques explications en anglais, et de toute façon vous tomberez systématiquement sur un touriste ou un employé désireux d’aider (voire un policier – oui la police est bienveillante ici). De plus, les Chinois, quoique parfois un peu brut de décoffrage (roter ou cracher en public est parfaitement acceptable…), sont de manière générale extrêmement bienveillants, curieux (préparez-vous à répéter des centaines de fois votre nationalité), et enthousiastes pour montrer aux étrangers le meilleur de leur pays. Pour ne rien gâcher, la Chine demeure une destination relativement bon marché : plus chère que l’Asie du sud-est certes, mais nettement moins que le Japon par exemple, pour des prestations équivalentes. Bien sûr, et c’est plutôt une constante en Asie, on se régale à table ; attention néanmoins aux estomacs délicats, les épices sont la règle, surtout dans le sud. Enfin, et c’est là un point non négligeable, difficile de ne pas s’extasier chaque jour sur ce que la Chine a à offrir à ses visiteurs, et on manque régulièrement de superlatifs pour évoquer la grandiosité de toutes ses merveilles, d’une étonnante diversité.

Bon, vous l’aurez compris, je ressors particulièrement enthousiaste de ce mois dans l’Empire du Milieu, peut-être parce que je n’en espérais pas tant. Qui plus est ravi d’avoir pu partager cela avec ma famille. Pour conclure, j’aurais pu vous parler politique ou droits de l’Homme, mais je laisse cela à nos vieilles démocraties moralisatrices. Moi tout ce que j’ai vu, c’est un pays en plein essor, lancé dans une transition écologique accélérée, dans lequel la plupart des habitants semblent heureux, libres d’agir à leur guise, et fiers de leur riche patrimoine. Peut-on seulement en dire autant ?

2 Comments

  1. Isabelle Boussioux

    Je partage tout à fait ton analyse. Il faut néanmoins ajouter, je pense, qu’il vaut mieux être « dans le moule ». Contrôle au faciès partout, scanners des sacs partout. On ne voit pas la police, pourtant la police vous suit à travers les innombrables caméras. Mais pas de patrouille de militaires armés jusqu’aux dents, comme à Paris !
    Véritable coup de coeur !

    • Vadrouilleur

      Non pas besoin de patrouille armée, puisqu’effectivement à tout moment nous sommes dans le champ d’une caméra, pas d’angle mort ! L’avantage : on peut laisser son sac sur un banc, revenir 10 min après, il n’aura pas bougé. L’inconvénient : on ne peut pas ********CENSORED********

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