Yangshuo → Ping’an – 4 h de bus
Je n’avais pas encore testé le bus en Chine, c’est désormais chose faite. En l’occurrence, l’unique moyen (Didi fonctionne aussi, mais en solo cela revient cher) de rejoindre les petits villages hauts-perchés de Longji, Ping’an et Dazhai, habités depuis 2 000 ans par les peuples Zhuang et Yao. Pourquoi aller se perdre dans ce coin reculé du Guangxi ? Eh bien pour randonner au milieu des spectaculaires rizières en terrasse qui encerclent ces trois villages, patiemment modelées avec quelques simples outils, générations après générations. L’esthétisme n’était évidemment pas le but recherché, mais le résultat est là, et il est à couper le souffle.
Bizarrement, et pour mon plus grand plaisir, les lieux sont loin d’être noirs de monde, du moins selon les critères locaux. Peut-être à cause de leur relative difficulté d’accès, ou parce que l’exploration de la zone implique quelques efforts physiques (même si bien évidemment les principales plateformes d’observation sont accessibles avec des véhicules dédiés, ou même un téléphérique). Quoi qu’il en soit, dès lors que l’on s’éloigne un tantinet de ces plateformes, on croise nettement plus de fermiers au travail que de touristes. Oui car les rizières sont toujours exploitées, simplement les charrues à traction humaine traditionnelles ont été désormais remplacées par des motoculteurs thermiques. Parfois, on ne croise même personne pendant fort longtemps, en marchant plusieurs kilomètres le long d’étroites sentes antiques s’enfonçant dans la forêt, et il faut alors prendre garde aux glissements de terrain et à la périlleuse traversée de multiples rus. Mais en récompense on finit toujours par déboucher sur une enfilade de champs fraîchement inondés (c’est la saison, le riz n’est pas encore pour tout de suite) s’étageant à perte de vue. De la belle ouvrage, comme qui dirait.
Aujourd’hui, pur hasard de calendrier, je suis tombé sur un festival séculaire à Longji. On y célèbre le retour des beaux jours, une dernière fête avant de se remettre sérieusement à travailler dans les champs. Discours, chants, tambours, feux d’artifice, lâcher d’eau, plus tout un tas d’activités traditionnelles. J’ai ainsi assisté à une excitante course de rizières : on part du bas de la montagne (pas tout en bas quand même hein), et on remonte en ligne droite, en pataugeant dans la boue et en escaladant les murets. Les concurrents démarrent très vite, et terminent au bout de leur vie. Les vainqueurs ont droit à un poulet et à une bouteille de gnôle locale. Deuxième activité : depuis une plateforme au sommet des rizières, des poulets (décidément) et des canards sont jetés sur une foule étagée en contrebas. Les malheureuses créatures volettent un instant, avant de se faire attraper sans ménagement par un amas d’humains surexcités, qui exhibent ensuite fièrement leurs trophées. Malheureusement, tradition et cause animale ne font pas toujours bon ménage…




























































Magnifique. Un effet waouh de plus ! Et toujours le goût du costume !