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Sous l’océan (sous l’océan)

Wayalailai

J’ai longuement décrit la douceur de vivre sous ces latitudes, le formidable accueil des Fidjiens et leurs étonnantes coutumes ancestrales. Je n’ai en revanche que rapidement évoqué l’une des raisons (non négligeable) qui m’ont poussé à m’attarder sur ce caillou perdu au milieu du Pacifique : la beauté des fonds marins.

Dès le premier jour, j’ai bien sûr couru emprunter un masque, et je me suis jeté dans les bras (très) chauds et accueillants de l’océan. Sans regret. Depuis la petite plage du resort, qui disparaît presque intégralement à marée haute, il suffit de nager une petite cinquantaine de mètres en direction du large pour découvrir un tombant spectaculaire, recouvert de coraux en parfait état. Sur le coup, je n’en ai pas cru mes yeux. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un récif aussi sain, à plus forte raison aussi près du rivage. Généralement, il faut faire un long trajet en bateau, partager les lieux avec une foule d’autres touristes, et repartir lorsque l’on vous dit de repartir. Ici, vous êtes généralement seul, et vous pouvez vous éterniser autant que vous le souhaitez. Votre seul ennemi : le soleil, qui cogne sévère. Et bien sûr, hors de question de se badigeonner de crème solaire, sauf à vouloir détruire ces merveilles de la nature que sont les coraux.

Ok les coraux, c’est bien joli, mais et les poissons alors ? Pas d’inquiétude, ils sont bien au rendez-vous. Tous les poissons habituels de récif bien sûr, innombrables, de toutes les tailles, de toutes les couleurs. Et puis il y a les « spéciaux », ceux que l’on croise parfois, selon l’humeur de Poséidon, et c’est bien là toute la magie de l’océan. Barracudas. Thons (et autres gros poissons prédateurs, comme les carangues). Calamars. Pieuvres (il faut être très très chanceux). Raies pastenagues. Raies aigles. Tortues vertes. Requins à pointe blanche ou à pointe noire (les seconds sont un peu plus impressionnants que les premiers). Et ça, ce sont juste ceux que j’ai pu identifier.

Ok le snorkeling c’est bien joli, mais et la plongée alors ? Eh bien pareil, mais en encore mieux. Le plus appréciable étant sans doute l’ambiance particulièrement détendue du centre de plongée. Où en cette basse saison, je suis la plupart du temps seul avec le divemaster. À toutes les créatures précédemment citées, vous pouvez rajouter des langoustes en pagaille (très dur à voir en snorkeling depuis la surface, car en journée elles se cachent) et des nudibranches, à savoir de toutes petites « limaces des mers » extrêmement colorées, évidemment très difficiles à repérer, et donc le Graal pour certains plongeurs.

C’est tout ? Eh bien, pas encore tout à fait. Car on trouve aussi ici un célèbre spot, accessible à tous (vous pouvez même y aller pour un baptême de plongée), où il est possible de côtoyer un bande de requins-taureaux. Oui oui, ceux-là même qui font régulièrement des morts dans toutes les mers chaudes du globe. Alors évidemment, il y a un peu triche, car ceux-ci sont nourris (pas par notre club de plongée heureusement, mais par ceux des environs – ce qui ne change rien au fait qu’ils sont nourris, point), ce qui n’est évidemment pas bon pour les animaux, car cela change leur comportement. L’avantage pour un touriste : les requins sont toujours à traîner dans le coin. Et si cela peut contribuer à changer l’image qu’ont les gens de ces magnifiques poissons, et encourager leur protection, finalement pourquoi pas (juste pour rappel : vous avez environ 20 000 fois plus de chance de mourir foudroyé que mangé par un requin). L’inconvénient pour un plongeur chevronné : cela ressemble plus à un show sous-marin qu’à une « véritable » plongée. Mais cela reste malgré tout une incroyable expérience, et on ne peut s’empêcher de frémir en voyant ces colosses s’avancer vers nous, mâchoires semi-ouvertes, avant de faire brusquement demi-tour.

Petite anecdote : les deux années de COVID et l’absence totale de touristes dans la zone ont offert un véritable répit au récif, qui s’est grandement régénéré d’après les locaux. Cela ne durera malheureusement pas, mais cela permet toutefois de s’émerveiller de l’incroyable résilience de la nature. Jusqu’à ce qu’elle décide de nous envoyer promener une bonne fois pour toutes…

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